IA Act : calendrier d'entrée en vigueur des obligations
L'IA Act s'applique par étapes successives jusqu'en 2028. Cet article détaille chaque échéance, dont le report majeur des systèmes à haut risque décidé par le Digital Omnibus, pour vous aider à planifier votre conformité.
Vous avez intégré l'IA Act à votre feuille de route, puis appris qu'un texte récent en avait décalé les principales échéances. La confusion est légitime, car le calendrier initial a bel et bien changé au printemps 2026. Connaître les dates exactes vous permet de séquencer vos chantiers de conformité sans précipitation ni retard coûteux. Voici la chronologie réelle, à jour, qui doit guider vos arbitrages.
L'essentiel en 30 secondes. Le Règlement (UE) 2024/1689 est entré en vigueur le 1er août 2024, mais ses obligations s'appliquent par paliers. Les interdictions valent depuis février 2025, les règles sur les modèles à usage général depuis août 2025. Le Digital Omnibus a reporté les systèmes à haut risque à fin 2027 et 2028. Planifier sur cette base évite mobilisation prématurée et angle mort réglementaire.
Le point de départ : 1er août 2024
Le règlement a été publié au Journal officiel de l'Union européenne le 12 juillet 2024. Il est entré en vigueur vingt jours plus tard, le 1er août 2024. Cette date marque le début du compte à rebours, mais elle ne déclenche pas elle-même la plupart des obligations.
Le législateur européen a délibérément choisi une application différée et graduée. Chaque catégorie d'acteurs dispose ainsi du temps nécessaire pour s'adapter aux exigences qui la concernent. Les échéances qui suivent structurent ce déploiement progressif.
2 février 2025 : interdictions et littératie en IA
Premier palier effectif, cette date a rendu applicables les interdictions prévues à l'article 5. Les pratiques jugées contraires aux valeurs de l'Union sont prohibées depuis lors, parmi lesquelles la notation sociale, l'exploitation des vulnérabilités d'une personne ou la reconnaissance des émotions au travail.
La même date a activé l'obligation de littératie en IA posée par l'article 4. Toute organisation qui développe ou utilise des systèmes d'IA doit garantir un niveau suffisant de compétence parmi les personnes qui les manipulent. Cette exigence concerne donc déjà votre entreprise si vos équipes recourent à l'intelligence artificielle.
2 août 2025 : modèles à usage général, gouvernance et sanctions
Le deuxième palier a fait entrer en application plusieurs blocs structurants. Les règles sur les modèles d'IA à usage général, dits GPAI, encadrent désormais les grands modèles de fondation et leurs fournisseurs. Cette catégorie vise notamment les modèles génératifs réutilisés dans une multitude d'applications.
Cette même date a rendu opérationnels le dispositif de gouvernance, les règles de confidentialité et le régime de sanctions. Les autorités disposent depuis lors des moyens juridiques pour contrôler et, le cas échéant, sanctionner les manquements. Les organismes notifiés, chargés de l'évaluation de conformité, sont également concernés par cette échéance.
2 août 2026 : transparence et application générale
Le troisième palier marque l'application du reste du règlement, sous réserve des reports détaillés plus bas. Les obligations de transparence de l'article 50 prennent effet à cette date. Elles imposent de signaler clairement qu'un utilisateur interagit avec un système d'IA, par exemple un agent conversationnel.
Ces obligations couvrent aussi le marquage des contenus générés par intelligence artificielle et l'étiquetage des deepfakes. Une PME qui propose un assistant en ligne ou génère des visuels par IA doit donc intégrer ces exigences de transparence dans son produit. Cette échéance est proche, et elle mérite une attention immédiate.
Le report décisif des systèmes à haut risque
Le calendrier initial prévoyait l'application des systèmes à haut risque dès le 2 août 2026. Cette échéance a été repoussée par le Digital Omnibus, dont l'accord politique a été conclu le 7 mai 2026, sur la base d'une proposition adoptée le 19 novembre 2025. Le report concerne deux familles de systèmes.
Les systèmes à haut risque énumérés à l'Annexe III deviennent applicables au 2 décembre 2027. Cette annexe couvre la biométrie, les infrastructures critiques, l'éducation, l'emploi et les ressources humaines, l'accès aux services essentiels, la migration et l'administration de la justice. Une bonne partie des usages sensibles des PME tech relève donc de cette date.
Les systèmes à haut risque intégrés à des produits déjà réglementés, listés à l'Annexe I, deviennent applicables au 2 août 2028. Sont ici visés les jouets, les ascenseurs, les dispositifs médicaux ou les machines incorporant de l'IA. Ce report supplémentaire reconnaît la complexité d'articuler l'IA Act avec les réglementations sectorielles préexistantes.
Lire le calendrier comme une feuille de route
Ce report ne justifie aucun relâchement. Il redistribue vos priorités et ouvre une fenêtre de préparation que vos concurrents n'exploiteront pas tous. Les obligations déjà en vigueur, interdictions et littératie en tête, exigent une mise en conformité sans délai.
Le Digital Omnibus accompagne ce report d'allégements ciblés. Il étend aux PME et aux small mid-caps des facilités de documentation technique simplifiée et un accès élargi aux bacs à sable réglementaires. Ces dispositifs vous permettent d'expérimenter et de structurer votre conformité dans un cadre sécurisé, à coût maîtrisé.
Une entreprise qui sait situer chaque obligation dans le temps pilote ses ressources avec justesse. Elle évite de mobiliser des moyens trop tôt comme de découvrir trop tard une exigence applicable. Cette lecture fine du calendrier devient un avantage face aux due diligences d'investisseurs et aux processus d'achat des grands comptes.
Vous voulez bâtir une feuille de route IA Act calée sur les bonnes échéances ? Construisons votre calendrier de conformité.
Sources
- Protéger ses créations
- Sécuriser ses données
- Contractualiser son activité
